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Rencontre avec l'art
• • • Littéraire, musical et plastique, l'art régnait sous toutes ses formes vendredi soir au
centre Marie-Hart de Bouxwiller.
Sous la houlette de Sonja Guerrier, une vingtaine d'artistes étaient présents pour présenter
le sixième volume du recueil « Encres jetées ». Sur scène, un écran géant trônait parmi les
panneaux d'Encres jetées. En contrebas, trois fauteuils étaient prêts à accueillir les lecteurs,
réservant les planches aux musiciens. La soirée s'est ouverte sur le poème sobrement intitulé
« Au poète ». « Poète, tu as toujours raison...», disait la lectrice, donnant ainsi le ton du
spectacle. Trois courtes oeuvres suivirent, puis les premières notes de guitares furent
grattées. L'intermède musical était teinté de légèreté, de romantisme, mais également d'humour.
La littérature revenait avec trois nouveaux lecteurs abordant les thèmes de la nature avec « L'arbre »
et du voyage à travers « Baalbeck ». Poursuivant l'alternance artistique qui caractérisait la
soirée, l'école de danse de Mme Michel a investi la scène sur la mélodie de la « Panthère
rose ».
Superbe alliance musicale
Le public découvrit ensuite l'art de la description au travers de la poésie. A l'image des
« Caractères » de La Bruyère, chaque oeuvre s'attardait sur les traits d'un personnage tels
« Les cils de Cécile » ou l'allure du « Boiteux ». On s'amusa également beaucoup d'un sketch
intitulé « L'élève », qui s'articulait autour d'un dialogue de sourds entre une intellectuelle
aux réflexions métaphysiques et un homme cantonné à regretter qu'il pleuve. Un conte de
Marguerite Yourcenar plongea ensuite les spectateurs dans un océan de couleurs, alors que
l'écran géant affichait des dessins d'enfant. Deux jeunes musiciens ont animé l'intermède
suivant de la superbe alliance du violoncelle et de la flûte. Une démonstration surprenante
que l'on aurait volontiers appréciée plus longuement ! Quelques poèmes plus tard, dont on
retiendra notamment le « Batsberg » de Sonja Guerrier, les guitares furent branchées pour
« O. Hoffmann et ses amis », le temps d'un spirituel rythmé qui offrait une particularité
bien de chez nous. En effet, sous les airs de cow-boy d'un groupe que l'on aurait pu croire
tout droit sorti du Texas se dissimulaient des chansons interprétées... en alsacien ! Le cercle
littéraire qui leur succéda était lui aussi imprégné du dialecte comme en a témoigné le poème
rendant hommage à « La Petite-Pierre ». Le retour en force de la langue française fut souligné
par les derniers textes, accompagnés sur l'écran de magnifiques oeuvres plastiques. Pour le
bouquet final, le piano fut avancé sur le devant de la scène et, après un duo avec la flûte
traversière qui révéla, cette fois, deux jeunes filles au talent remarquable, la soirée se
referma sur le triomphe de notre langue régionale dans un chant humoristique qui scella la
convivialité du spectacle.
© Dernières Nouvelles d'Alsace, Mercredi 6 Juin 2001.
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