Revue de Presse
REVUE DE PRESSE
page précédente
page suivante

Ta main posée sur mon épaule
chaque matin
même en été         quand le sol
se fait plus lourd sous le pied,
ta voix m'apporte des paroles sages
en ces jours où rugit le ressac.

Les falaises plongent dans la mer
désemparées
de ne plus sentir sur leur flanc
le vent du soir les courtiser.

Que mon cœur à cette vue s'émeuve
car parfois quand le tonnerre donne
tu gardes en ton cœur tes baisers
et le ruisseau bruit de mes pleurs.

Donne-moi ta gerbe d'écume
plus que ta voix                ta douce main posée
sur mon épaule
et accorde-moi ces baisers
pour verser sur mes jours usés
la sève blanche de l'aubépine
qui fleurit près de l'églantier.

Que m'émeuvent le long du sentier
la futaie claire        et sa lumière
qui s'enroule autour de ton cou
pour retomber à mes genoux.



VICTOR

LES MOTS QU'ON NE DIT PAS

On ne dit pas les mots inquiets
des lendemains sans espérance,
on s'invente d'autres images.

On ne dit pas la peur au ventre,
torture familière, le soir,
on apprivoise l'anxiété.

On ne dit pas la rage au cœur,
la fatigue de continuer,
on fait semblant d'être léger.

On ne dit pas les mains tremblantes
de se voir vides et inutiles,
on s'imagine des trésors.

On ne dit pas le temps qui traîne
d'attentes longues en déceptions,
on regarde passer les heures.

On ne dit pas qu'on veut mourir
pour oublier les nuits trop lentes,
on attend l'aube silencieuse.

On ne dit pas les cris d'amour
aux enfants libérés des chaînes,
on garde le regard sévère.

On ne dit pas les envies folles
de corps tendus sous les caresses,
on s'endort pour ne plus penser.

On ne dit pas les émotions,
les battements désordonnés,
on refuse les moments forts.

On ne dit pas tous ces mots-là,
faiblesses révélées au jour,
on peut mourir dans le désert…

SEUVRE Anne
janvier 2002

4
5