Revue de Presse
REVUE DE PRESSE
page précédente
page suivante
            Jeannine est une amie de Sylvie.Elle est née en 1945 .Elle est mariée et mère
de deux enfants.Elle est psychologue.Elle a écrit quelques nouvelles et des
poèmes qui ont été édités dans la R.A.L.Son mari Jean Louis est médecin et fait
des photos.Tour à tour leurs vies s'emmêlent puis s'abhorrent mais toujours "le
soleil les inscrit unis pour un temps en noir et blanc dans l'espace" Que le
couple qui ne se sent pas à l'image de ces deux arbres leur donne le premier coup
de hache.
      Denis est né en 1972 . Il est lycéen à Saverne. Il a remporté le premier prix
lycée du printemps de l'écriture en 1989 . Grâce à lui j'ai pu sauver ma salle de
classe d'une inondation.J'y étais allée pour chercher la page des D.N.A. qui
publiait les lauréats du concours. Par un eoup de fil donné à son domicile j'ap-
pris qu'au même moment il était en vacances avec Eric en Italie!!!
      Dans un de ses poèmes " L'arbre qui rêvait " s'offre en cercueil à l'homme
qui le suivait. Dans un autre ce cri de désespoir: " Faut-il être parfaite pour
avoir le droit à la vie ? " nous rappelle qu'il y a des êtres " qui souffrent jusqu'à
en devenir fous " parfois même ils vivent à côté de nous et nous ne voyons rien.
      Eric est né en 1971 . Il est élève en section d'arts plastiques. Il écrit des
poèmes et des chansons. Il trouve qu'il " est navrant de se surcharger de questions qui n'en amènent que d'autres " alors n'en posons pas et ayons confiance " car seul le créateur reconnaîtra les siens ".
      Éric a été le premier de nous tous à lire les poèmes de Marie-Anne. Elle est
née en 1950 . Elle est mariée et mère de deux enfants. Elle a publié un recueil de
poèmes intitulé " Rapports sensibles " aux éditions du Cherche Midi et quelques
poèmes dans la RAL. Avec elle il n'y a qu'à " capter ces regards dans lesquels
on a envie de se coucher " et " se laisser dériver vers une invisible embouchure pour accéder au bonheur ".
      Pierre est né en 1947 . Il est marié et père de deux enfants. Il est plasticien et
professeur de dessin à Bouxwiller. Que ces lignes taches et mots qu'il a " jetés "
sur ces pages blanches permettent à chacun de franchir les portes fermées et de s'envoler par les fenêtres ouvertes.
      Claude, je l'ai vu à une soirée de poésie. Je n'avais pas oublié cet homme qui dans un de ses textes parlait de lui à la troisième personne du singulier à la lueur de quelques bougies devant un maigre public. Il est né en 1948. Il est pro-
fesseur de français à Wingen-sur-Moder. " Quand le hasard d'un regard allume
en lui tout un brasier neuronique " il n'hésite pas à " en faire un poème tout de
même " et il a raison. Il a publié un recueil de poèmes intitulé " Ils sont fous ces
poètes ".
      Pour rassembler tous ces mots, ces couleurs, ces espoirs et les " jeter " il y a eu Sonja. Elle est née en 1949. Elle est institutrice et a édité deux recueils de poèmes.
Elle est mère de deux enfants, dont Éric.
      Voilà : la bloucle est bouclée.

                                             Sonja GUERRIER

A Sandrine

NAISSANCE DU MAUVE

Dieu, dès lors qu'il eut créé la terre, voulut exprimer sa joie, il chanta
tout d'abord mais ses mélodies se perdirent, aspirées par les trompes de
l'univers. Il lui fallait quelque chose, fixant son oeuvre, l'immortalisant à
tout jamais, afin que quiconque, égaré vienne demander le pourquoi de
telle ou telle chose, ou de la création elle-même, sache qu'il n'y eut que
la joie comme phare lointain et brillant. Chaque jour, de moins en
moins indécise, la matière prenait la forme ronde de la joie qui tourne et
tourne encore. Lorsque le dernier jour, la lumière devint plus vive, la
terre, longtemps réticente, décida enfin de prendre comme sienne la
chaleur des mains qui l'avait modelée. Elle se calfeutra encore un peu
mais déjà, çà et là, la croûte craquelait et exhalait des odeurs de ventre
fertile. Dieu comprit que partout la vie se mettait en route en quête d'un
caillou, d'un arbre, d'un abri pour mieux vivre encore. Dieu comprit que
la terre était devenue un fruit mûr qui devait quitter son arbre-corps.
C'est cela que Dieu voulait fixer comme principe de création; prin-
cipe dénué de raison: car c'était uniquement avec son corps arqué sur la
matière, les pieds en appui sur le sol néant de l'univers, et rien qu'avec
un petit halo de soleil comme fanal, qu'il avait créé... car c'est unique-
ment par amour qu'il désira percer la nuit: c'est-à-dire y faire jaillir
l'étincelle de joie, y faire bondir la terre, comme on lance le grain de blé.
Il choisit d'écrire tout cela. Il prit un morceau d'azur, un météore
creux, une plume d'oiseau et s'assit dans un de ces prés de l'univers où
poussaient les fleurs à encre. Elles avaient le ciel bleu et sombre pour y
jeter leurs racines, la nuit pâlotte pour y prendre leur couleur, et le
temps d'un jour d'équinoxe pour éclore, se féconder et hisser leur
semence à maturité.
      Ce manque de lumière expliquait sans doute leur sève mauve qui
s'épanchait de leurs tiges incisées dans la fiole-météore que Dieu y appli-
quait. Dieu cala le météore sur son genou; il contempla l'encre; seule
chose qu'il avait créée pour lui et rien que pour cet instant sublime où

il allait écrire :

" L'oeuvre est achevée "

     D'ailleurs pourquoi donner l'encre aux hommes alors qu'ils possé-
daient bon nombre de moyens de communication : sourire, toucher

4
5